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Les bergers itinérants L'importance du berger sans terre

L'activité pastorale comme on l'a vu précédemment est encore très dynamique. Elle représente une activité économique essentielle pour la région. Plus de 1 200 éleveurs transhument sur ses estives collectives. Sur ce territoire se trouvent des fermes de petites tailles. Cette activité est indispensable voire vitale pour bon nombre d'exploitations (système des éleveurs transhumants). La transhumance permet de libérer les prairies pour constituer les stocks de fourrages d'hiver.

Malheureusement, depuis une vingtaine d'année le manque de main d'œuvre sur les exploitations se fait sentir. Cela occasionne des problèmes de gardiennage. Des alternatives à cette récente mutation devront être apportées, et le système berger sans terre pourra sans doute être une des options.

Grâce aux systèmes d'élevage de type « ovins lait » et « bovins viandes », l'ensemble des ressources fourragères de la montagne est valorisé. Cependant, quelques estives sont probablement surchargées.  Le travail du berger est donc de première nécessité. Pour une utilisation optimum de la ressource fourragère, la conduite des troupeaux est indispensable. La surveillance effectuée par les éleveurs transhumants est moins soutenue  que dans le cas du berger sans terre. Le travail effectué sur l'exploitation ne leur permet plus d'occuper à temps complet l'etxola. Pourtant, la présence du berger en estive est primordiale.

Les bergers sans terre ont un mode de fonctionnement totalement dépendant de la montagne. N'ayant pas d'exploitation, ils restent au cayolar durant toute la saison de la transhumance (début mai à fin octobre : l'équivalent de la moitié de l'année). Aujourd'hui, une remarquable complémentarité entre ces deux systèmes est constatée. Sans doute, ces prochaines années, cette interdépendance sera encore plus frappante.

Par ailleurs, pour des jeunes Hors Cadre Familiaux HCF ayant un projet d'installation avec une forte complémentarité plaine montagne, le système berger sans terre peut être une alternative. Ces dernières années, le prix du foncier a explosé. Cet environnement rend difficile la reprise d'exploitation par des HCF. Le système berger sans terre ne demande pas la réalisation de lourds investissements. A son actif, le berger possède un troupeau de brebis ainsi que des accessoires notamment pour la fabrication du fromage. L'été, il loue les terres d'altitudes à la Commission syndicale à des tarifs corrects. L'hiver par contre, il doit négocier les pacages ainsi qu'une bergerie à un propriétaire. Le statut du berger sans terre est d'une stabilité variable, d'ailleurs la saison d'hiver fragilise son fonctionnement.

La production principale associée à l'activité pastorale est le lait de brebis issu de race locale, richesse pour un territoire. En montagne basque, aujourd'hui, trois races locales se côtoient : la basco béarnaise, la manex tête rousse, et la manex tête noire. En quelques années, un changement sans équivoque s'est enclenché. Les effectifs de la manex tête noire, brebis rustique et robuste se sont effondrés face à la concurrence de la race Manex Tête Rousse, considérée aujourd'hui comme plus productive par les éleveurs. Les stratégies d'élevages se sont modifiées, bouleversant ainsi le lien entre l'éleveur et la montagne et entre éleveurs eux mêmes. Du coup, les pratiques pastorales ont évolué, et dépendent étroitement de l'économie agricole des vallées.

Cette situation est très préoccupante pour l'avenir. En effet, la manex tête noire, la princesse des montagnes basques est le socle de la tradition agro pastorale basque. Déjà, ces dernières années, la baisse de la traite en montagne et par voix de conséquence la diminution de la transformation fromagère est un constat attristant. En Pays Basque, la politique des mises aux normes des cabanes et l'acquisition des salles de transformation mobiles (une trentaine environ) a contribué à modérer cette baisse.  La charte de la montagne basque, la commission syndicale d'Ostabarret et l'association Euskal Herriko Artzainak sont conscients de l'importance du métier des bergers sans terre et cherchent à défendre et redynamiser ce secteur essentiel à l'équilibre de nos montagnes.

Il nous est paru intéressant de vous montrer cet article sur LES BERGERS DE LAHONDO ( 3.6 Mb) (de Jean Léon Egurbide, le Journal de St Palais). La définition du berger sans terre est différente ; mais cet article met en valeur deux modes de vie différents, employant des méthodes de travail traditionnelles, qui se perdent peu à peu…

Ce texte a été écrit en collaboration avec l'association des bergers du Pays Basque, Euskal Herriko Artzainak. Cette association aide les bergers à s'installer et porte divers projets pour le maintien et la valorisation des activités pastorales. Elle organise tous les ans Bortuaren eguna à Iraty. (Vidéo de Bortuaren eguna)

 
Conception et réalisation : Novaldi