• Euskaraz
  • Imprimer la page
  • Augmenter la taille du texte
  • Diminiuer la taille du texte

Loisirs, sport et culture Le Centre d'Interprétation de l'art funéraire à Larceveau

L'art funéraire basque constitue un patrimoine singulièrement original dont le fleuron est une collection unique en Europe de près de trois milles stèles discoïdales réalisées à partir de la fin du XVe siècle.

Aujourd'hui encore la quasi-totalité des villages possède des stèles mais aussi des croix magnifiquement décorées qui témoignent non seulement de la maîtrise du « hargin », les tailleurs de pierre jadis, mais aussi de la « société des voisins » qui s'exprimait et s'exprime encore à l'occasion des funérailles.

L'association Lauburu s'est employée durant trente ans à sauver ces monuments de l'oubli, de la dégradation ou du vol. L'inventaire quasi complet des stèles et des croix antérieures au XIXe siècle a débouché, pour les spécimens les plus remarquables, sur l'inscription ou le classement à l'Inventaire supplémentaire des Monuments Historiques.

Dans la majorité des cas, ces stèles ne sont plus attribuées à des maisons ou à des familles comme par le passé. Elles constituent un patrimoine dont les communes ont pris en charge la valorisation en confiant à l'association Lauburu leur sauvetage. Hélas, ces vingt dernières années, un processus de dégradation physico-chimique a rendu « illisibles » un grand nombre de monuments funéraires. Les pierres se délitent, les motifs décoratifs et les inscriptions disparaissent irrémédiablement. Les études menées pour cerner le problème confirment que les agents polluants présents dans l'atmosphère ne sont pas étrangers à cette destruction.

L'association Lauburu a en charge une importante collection de stèles discoïdales issues de dons. Elles ne sont pas classées mais représentatives de l'ensemble de ce patrimoine. L'association recherche depuis quelques années, un lieu pour abriter ces monuments tout en permettant leur présentation au public. Dans son principe, ce souhait exclut l'idée de musée : il s'agit plutôt d'un lieu d'interprétation dont une des facettes serait un espace dévolu au travail de la pierre aujourd'hui. En effet, il faut savoir que le sauvetage des stèles a entraîné un mouvement de création contemporaine significatif.

Située au cœur d'une zone qui fût très riche en productions lapidaires et particulièrement intéressée par le travail mené par l'association Lauburu, la commune de Larceveau a créé sur son territoire un centre d'animation dédié à la pierre. La dynamique socio-culturelle, la connaissance scientifique et le savoir faire en matière d'animation grand public de l'association Lauburu ont été les ferments du projet dans lequel la commune a désiré s'investir pour proposer, en Pays Basque intérieur, un centre d'interprétation de l'art funéraire basque.

Historique : Un legs de l'abbaye de Belloc en réaction à un constat alarmant

Au fur et à mesure de son travail de terrain engagé depuis plus de trente ans, l'association Lauburu dresse un double constat :

  • Les stèles discoïdales disparaissent victimes de vols dans l'enceinte des cimetières
  • Les stèles se dégradent victimes du gel, de pluies acides ou encore de la pollution

Le travail de l'association, relatif au recensement et à la préservation des stèles étant reconnu à l'échelle du Pays Basque, l'Abbaye de Belloc décide de lui faire don d'une collection de quatre vingt monuments représentatifs de l'art funéraire basque.

Ce legs est toutefois conditionné par le fait de trouver un lieu de conservation et d'exposition des stèles, ouvert à tous et à but non lucratif, car l'art lapidaire revêt un caractère populaire et doit être accessible à la population.

L'association Lauburu partage cette philosophie qui transparaît déjà dans le travail engagé avec les municipalités du Pays Basque et plus particulièrement avec celles de l'intérieur. Depuis plusieurs années les stèles communales sont en effet inventoriées et sont l'objet d'intervention de sauvegarde : nettoyage, mise en valeur et scellements.
Ainsi, le partenariat tissé entre Lauburu et les communes rurales basques a permis d'accomplir le devoir de mémoire relatif à l'art lapidaire et d'en garder un certain nombre de témoins.
 
Situé au cœur du village, sur la route du col d'Osquich, le centre de l'art funéraire répond à 3 objectifs :

  • Sauvegarder des éléments emblématiques
  • Créer un lieu de restauration et de création
  • Transmettre un savoir faire

Ce lieu est autonome, il peut être « visité » par le grand public sans présence de guide, de professionnel, mais au moyen de techniques audio et vidéo simples. Il permet également l'accueil occasionnel de professionnels de l'animation (formés par l'association Lauburu) ou encore l'accueil d'artistes et d'artisans en résidence.

 
Conception et réalisation : Novaldi